•  

    Il y avait une fois un vieux et son petit-fils qui voulaient acheter un âne. Ils se mirent en route vers le marché du village voisin qui était à quelques lieues de leur village. Arrivés au marché et après avoir fait le tour de tous les marchands d'animaux, ils finirent par trouver finalement un âne qui leur convenait. Le grand-père et le petit-fils, tout heureux de leur emplette et après avoir été félicités par les villageois, se mirent en route avec l'âne. Les trois marchaient à la queue leu leu, lorsqu'un passant leur fit la remarque suivante:

    « Qu'ils sont bêtes ces gens, ils s'achètent un âne, et au lieu de l'user ils le suivent. » Le grand-père entendant ces paroles, se gratta la tête et murmura:

    « En fait, il a raison ce bonhomme ! » Le grand-père tout heureux de lui-même monta sur l'âne, et laissa le petit-fils à pied. Après un moment un autre passant leur fit cette remarque:

    « Quel homme cruel, il s'installe confortablement sur l'âne et laisse ce pauvre enfant marcher à pied dans cette chaleur. » Le grand-père murmurant à nouveau et dit:

    « Dans le fond il dit une vérité. » Le vieux se sentant visé, tout honteux de n'avoir pas eu lui- même cette idée, offrit sa place à son petit-fils. L'âne semblait être heureux de cet échange et se mit à accélérer le pas au point que le vieux se trouvait en arrière et avait du mal à suivre la nouvelle cadence. Sur le chemin un groupe de passants se mirent à rire en disant:

    « Quel manque d'éducation, ce gamin! Ce pauvre vieux, à peine s'il peut encore marcher et lui à dos d'âne sans pitié, quelle honte! » Le grand-père entendit ces remarques et décida à monter aussi sur l'âne. Peu de temps après un autre groupe de passants chuchotaient entre eux:

    « N'ont ils point de coeur ces gens? » puis ils continuaient:

    « Pauvre animal, ces deux personnes lourdes sur son dos, comment peut-il encore marcher? »

    Le vieux et son petit-fils tout embarrassés d'eux-mêmes et pleins de pitié pour l'animal qu'ils venaient d'acheter, décidèrent de porter l'âne sur leur dos.

    Emile Tubiana


    votre commentaire
  • Moi qui rêve de réhabiliter la poésie... Voici quelques poèmes que vous pouvez imprimer...

    Le bateau ivre  - Arthur Rimbaud - L'albatros - Charles Baudelaire - La femme adultère - Federico Garcia Lorca - Instant - Nicolas Wharf - Je veux de vous - Théa d'Albertville - Rêveries océanes - Théa d'Albertville - Vouloir vivre - Théa d'Albertville - La lune - Victor Hugo - Le voile - Victor Hugo - Où donc est le bonheur - Victor Hugo


    votre commentaire
  • La vie avait bien commencé, née dans une famille nombreuse, aimée de son père et de sa mère, une certaine facilité d’apprendre. "Elle comprend vite" disait sa mère, elle a pédalé pour prouver que c’était vrai.

    Elle s’est mariée, elle s’est divorcée. Elle a eu deux enfants. Elle les a élevés, en partie seule. Mère, travailleuse, femme, c’est la spécialiste des rôles multiples. Elle a fait un bout de carrière.

    Quand les enfants sont partis, elle a eu envie de se faire plaisir. Quitter l’entreprise, la compétition, les rivalités, s’occuper d’elle. Elle a fait du développement personnel, mais oui, quand on se demande où on va, qui on est et qu’est-ce qu’il y a après ? Mais ça ne nourrit pas son homme, enfin sa femme, enfin pour le moment, alors… Elle se retrouve au chômage. Son gendre, la trentaine audacieuse, lui avait dit : "Vous êtes trop nombreux les quinquas et vous nous faites de l’ombre. Dans la pyramide des âges, c’est vous qui nous bouchez le chemin"…

    Fin du chômage. Réflexions courantes : "Mais tu n’as pas envie de travailler?" "Moi à ta place, j’irais nettoyer les chiottes plutôt que d’être au chômage!" "Je ne comprends pas, avec toutes les qualités que tu as, c’est de la mauvaise volonté?" Bien sûr qu’elle a envie de mettre au service de quelqu’un toutes ces compétences acquises, tout ce savoir-faire… Heureusement, il y a les mesures de réinsertion. Vous ne connaissez pas? Vous connaissez quelqu’un qui connaît?

    La voilà, remplie de bonne volonté et de bonnes intentions qui arrive un lundi matin dans un organisme public pour faire de la formation informatique. Mettez-vous là et puis on verra. Elle s’installe, un jour à une place, un jour à une autre, profitant de l’absence des apprenties les jours de cours. Un matin, elle va même à la cafétéria, en attendant…

    Ils organisent une fête… ils en parlent souvent… ils vont se déguiser…
    On lui demande de ne pas déplacer les affaires des autres… Quand elle demande quelque chose, on lui répond, parfois… Elle vit de la pression, elle doit montrer ce qu’elle sait faire. Elle a même l’espoir de se faire embaucher, il lui semble que ses compétences pourraient être utiles dans cet endroit…

    C’est le jour de la fête… elle voit leurs yeux qui brillent, ils forment une belle équipe, ils se tiennent les coudes… C’est beau. Elle, elle ne fait pas partie de cette équipe… C’est seulement "celle du chômage qui donne les cours d’informatique". On lui fait l’honneur de l’accepter durant trois mois, on lui a dit qu’on l’embaucherait peut-être…

    C’est le jour de la fête… elle rentre chez elle… elle a froid…

    La criblette – 10 février 2006

    (alias Christiane Kolly)


    votre commentaire