• Conversation avec mes bras

    C'est tellement réconfortant quand l'homme que j'aime me prend dans ses bras.

    Tu aimes n'est-ce pas? Mais toi, tu prends souvent dans tes bras les gens que tu aimes?

    Pas autant que je le voudrais. J'ai souvent envie de le faire parce que j'aime cette proximité, cette chaleur qui fait tant de bien. Seulement, prendre dans les bras, sans toucher le corps de l'autre, cela me paraît difficile. J'aime toucher le corps de l'autre, mais cela me met mal à l'aise. Je ressens une réaction de mon corps, quelque chose de physique, de sexuel même.

    Pour un membre de ta famille?

    Non, pour les autres personnes. Je ressens une émotion, un léger trouble qui ressemble un peu à l'émoi la gêne ressentie lors des premières approches amoureuses.

    Ne mélange pas les choses.

    Avec ma tête, je sais faire la part des choses, il en reste quand même un trouble, agréable trouble d'ailleurs.

    Accepte-le comme tel, tu sais bien que tu as une sensibilité à fleur de peau.

    D'accord. Plutôt que de [rester les bras croisés], je vais être encore plus adepte de l'embrassade, de l'accolade, puisque cela me fait plaisir.

    Oui, accueille [à bras ouverts], sans arrières pensées, et accepte cette sensation de communion avec l'autre comme elle vient, laisse déborder ton cœur d'amour, reçois-en les bienfaits, simplement, laisse ton cœur parler et ta tête au vestiaire, pour une fois.

    Vous plaisantez, j'espère?

    Demande à ton mental de te laisser apprécier l'instant, sans envoyer les [Que va-t-il penser?], [Elle va croire que je suis homosexuelle!], [Il va sentir mon émotion et penser que je le cherche], etc. etc. Nous sommes le prolongement du cœur, nous sommes là pour démontrer l'amour.

    J'adore [donner le bras], la proximité de côté!

    Fais attention à tes expressions, donner c'est donner. Tu ne veux tout de même pas te séparer d'un de nous? Tu dis aussi parfois que [les bras t'en tombent]. Comment sommes-nous sensés réagir?

    Vous tombez le long du corps, vous démontrez ainsi de l'impuissance.

    Tu ne veux pas te séparer de nous Dieu soit loué! Fais quand même attention aux expressions que tu utilises. Quand tu dis d'un air défait [cela va me rester sur les bras]. Ça semble lourd, très lourd et nous ne sommes pas faits pour soulever des poids inutiles, mais pour être utiles à ton bonheur.

    Et quand je fais un [bras d'honneur]?

    Nous utiliser comme symbole phallique en direction d'une autre personne, pas très glorieux pour nous non plus.

    Vous préférez [Avoir le bras long]? Avoir de l'influence sur le reste du monde?

    Nenni. Si chacun s'occupait de ses affaires, sans vouloir toujours influencer les autres, sans vouloir aller plus vite, plus loin, s'il n'y avait pas cette fameuse compétition, mais que chacun faisait son œuvre, dans son environnement, [the right man, the right place], [la bonne personne à la bonne place], la vie des hommes serait plus belle.

    Vu sous cet angle, c'est fort possible. Rien n'est parfait, mais rien n'est immuable. A propos, quel est le problème d'une personne qui se casse les bras, plusieurs fois.

    Tu penses à quelqu'un en particulier?

    Oui, un membre de ma famille. C'était l'automne et nous nous promenions dans le verger. Il restait quelques pruneaux sur l'arbre. Nous avons grimpé pour les prendre. En redescendant, il s'est cassé le bras.

    Il est difficile de trouver la raison pour les autres. Peut-être avait-il peur de grimper?

    Je l'ignore, mais quelques temps plus tard, alors que nous jouions sur un réservoir d'eau, avec une amie du voisinage, de nouveau, il devait sauter, redescendre et il n'osait pas.

    Et ton amie l'a poussé et il s'est cassé le bras!

    Oui. Et ce n'est pas terminé, en retournant à l'école, au début de l'hiver, à la récréation, il se fait une glissade, derrière l'école, tombe et se casse de nouveau un bras.

    De quel côté cette fois-ci?

    De l'autre côté. En peu de temps, il s'est cassé les deux bras.

    Nous avons un lien avec le faire. Qu'allait-il faire de sa vie?

    Mes parents étaient paysans. J'ai le sentiment qu'il ne voulait pas vraiment prendre la succession de mon père mais qu'il n'osait pas le lui dire.

    Nous sommes les vecteurs de l'action. Nous permettons de passer de l'idée, du mental, au concret, à l'acte. La pression devait être forte pour ce jeune homme.

    Mon père envisageait de lui passer le flambeau. Visiblement, lui ne voulait pas. Mais il n'osait pas le dire. Peur de le décevoir, peur de son autorité. Il restait un moyen, c'était de rendre cette situation impossible et avec une faiblesse au niveau des bras, impossible de faire ce métier.

    Cela me paraît avoir du sens. Et ta mère dans tout cela.

    Avec sa grande sensibilité, elle a du savoir que mon frère ne voulait pas reprendre les affaires, elle a ainsi été en désaccord avec son mari. Mon frère devait se sentir mal d'être la cause du désaccord de ses parents.

    Il l'a montré avec des fractures, aussi bien à droite qu'à gauche. De cette manière, plus question de continuer à faire le paysan, il avait une bonne raison de faire autre chose.

    Finalement, le rôle du premier fils n'était pas aussi enviable que je l'imaginais.

    Tu n'as pas eu ce genre de difficultés, tu en as eu d'autres. Les tensions au niveau des bras sont la manifestation d'une difficulté à agir. Les mémoires ou blessures inconscientes d'un être par rapport à sa capacité à agir vont se manifester par des douleurs qui peuvent aller jusqu'à la fracture lorsque le souvenir qui apparaît est trop fort ou bouleverse trop la structure, le squelette, les croyances, les choix de vie de la personne.

    J'ai eu moi aussi des difficultés à accepter ce qui arrivait au niveau professionnel, cela ne s'est pas porté sur les bras?

    Agir n'est pas une difficulté pour toi. Ce serait plutôt le contraire. Tu agis à tort et à travers sans vraiment mesurer les conséquences de tes actions à long terme.

    Et les douleurs au niveau de la nuque que je ressens depuis si longtemps?

    Cela exprime ta difficulté à faire passer les idées dans le réel. Tu agis beaucoup, dans de nombreux domaines. Mais pour l'essentiel, ce à quoi tu tiens, tu retiens. Et le pire, c'est que la seule raison pour laquelle ça bloque, est que tu te sens incapable d'y arriver.

    C'est mon corps qui me dit cela et il ne peut pas se tromper?

    Nous sommes reliées les unes aux autres, les parties de ton corps. Nous savons ce qui est bon pour toi. C'est pourquoi, lorsque tu agis contre ton bien, nous t'envoyons des messages sous forme de tensions, de douleurs. Si tu ne comprends toujours pas après cela, la situation devient intenable et la seule issue, c'est un problème suffisamment handicapant pour que tu sois obligée de t'arrêter et, nous l'espérons, de réfléchir aux causes de ton problème.

    Il peut y avoir de très nombreuses causes, si je comprends bien?

    Pose-toi la première question [La douleur t'empêche de faire quoi?] Ecoute la première réponse qui te vient à l'esprit.

    Mes douleurs à la nuque, accompagnées de lourdeurs dans le bras, je les ressens chaque fois que je suis devant mon ordinateur. Ça veut dire quoi? Cela m'empêche d'écrire confortablement. J'écris sous stress, sous pression, alors que j'adore cela. Je devrais pouvoir écrire avec plaisir, sans aucun malaise.

    C'est ce que ton être intérieur veut, mais tu te l'interdis. Il y a une manière de penser qui t'empêche d'écrire dans l'insouciance.

    Et laquelle s'il vous plaît?

    La deuxième question est [Qu'est-ce qui pourrait t'arriver de désagréable si tu écrivais avec plaisir, dans l'insouciance].

    Rien, évidemment.

    Alors pourquoi ne le fais-tu pas? La première réponse qui vient à l'esprit est toujours la même. Réfléchis un peu, si vraiment tu n'avais peur de rien, tu écrirais vraiment dans la décontraction.

    Oui. Que pourrait-il m'arriver de désagréable si j'écrivais avec plaisir? Difficile de répondre.

    Tu peux empirer la situation. Que peut-il arriver de désagréable à quelqu'un qui travaille avec plaisir, sans se soucier de rien?

    Oui, là je me souviens d'une situation professionnelle où durant un an, je ne me suis souciée de rien et je n'ai pas vu venir un événement qui m'a beaucoup perturbée. J'avais confiance et tout se passait bien autour de moi. Je n'ai pas vu venir la fin prochaine du produit avec lequel je travaillais. Je n'ai pas vu venir mon déplacement à un autre poste.

    Ce n'était pourtant pas la fin du monde ce déplacement? Pourquoi as-tu si mal accepté? Tu n'as pas accepté du tout ce qui est arrivé?

    Non. J'ai pris un nouveau poste à contre-cœur.

    Et aujourd'hui, tu peux voir d'où venait le mal? Tu avais le choix. Tu aurais pu tenter de garder ton poste, tu aurais pu accepter le nouveau avec plaisir. Non, toi tu as [baissé les bras], tu as pris le nouveau poste sans le vouloir vraiment. Tu t'es mise dans une situation où d'un côté comme de l'autre, tu étais mal assise.

    C'est vrai. L'origine de mes douleurs à la nuque, là où se trouve le lien avec les bras serait là?

    C'est une des raisons, une couche des couches sur la blessure. Continuons. Reprenons la question [Que peut-il arriver de désagréable à quelqu'un qui travaille avec plaisir, décontracté]?

    Il peut se faire gruger, on pourrait lui faire un enfant dans le dos!

    Et au niveau de l'être? Comment qualifierais-tu cette personne?

    Elle est insouciante, trop confiante, candide, naïve, idiote, stupide!

    Comme tu y vas! Tu vois le lien que tu as fait?

    Lorsque je travaille avec plaisir, je vais me faire avoir.

    Et maintenant, quelques années après, veux-tu toujours traîner derrière toi cette croyance? Crois-tu que chaque fois que tu auras du plaisir en travaillant, tu te feras avoir?

    Cela me paraît peut probable?

    Bien. Dorénavant, chaque fois que tu sentiras encore une tension au niveau des bras lorsque tu écris, pense à cela [Ce n'est pas parce que j'ai du plaisir à travailler que je vais me faire avoir]. Tu vois maintenant l'utilité de la douleur? Et si tu as vraiment pris conscience de ta croyance, dans ton cœur, si tu as les larmes au bord des yeux parce que tu comprends la petite fille blessée, si tu es d'accord de la ramener ici et maintenant, nous n'aurons plus de raison de t'envoyer des tensions…

    J'ai saisi. Merci. Dans le fond, c'est bien pratique, à condition d'avoir trouvé la raison et il me semble que ce n'est pas si simple.

    En effet, parfois ce n'est pas encore le moment. La personne peut l'avoir devant le nez, gros comme une maison, mais ne pas être encore en mesure de prendre la leçon. Il arrive à l'être humain ce qu'il est capable de prendre. Souviens-toi de ceci, la question n'est pas de savoir si l'acte, ici écrire, est bon pour la personne, la question est de regarder la manière de penser de la personne par rapport à l'acte posé.

    Comme cette coiffeuse qui avait régulièrement des douleurs si vives qu'elle devait arrêter deux ou trois jours de travailler. Elle était à son compte et pouvait coiffer autant qu'elle voulait. Mais quelque chose l'en empêchait.

    Question une, [La douleur empêchait quoi dans sa vie?] Coiffer. Donc elle voulait coiffer, elle aimait son métier mais était contrainte d'arrêter.

    Question deux, [Que pouvait-il lui arriver de désagréable si elle coiffait, encore et encore].

    A première vue, rien, bien sûr. Là, il y a une autre question car la croyance peut aussi venir de l'enfance. Que pouvait-il arriver de désagréable à quelqu'un qui est à son compte et qui travaille plus que la normale?

    La réponse de la coiffeuse était [Il n'a plus de vie privée, il délaisse sa famille, il est obligé de toujours dire oui]. Elle avait souffert de l'absence de son père, indépendant, qui ne savait pas dire non et qui travaillait quinze heures par jour.

    La croyance de la coiffeuse était [Si je travaille plus que la normale, je vais me faire manger par mes clientes et ne plus avoir un moment à moi]. Et la question suivante était [Es-tu sûre, gentille coiffeuse, que si tu coiffes dix heures par jour ou même plus, toi qui n'as pour l'instant ni mari ni enfant, tu vas obligatoirement devenir esclave de tes clientes?]. La réponse était [Non, je peux coiffer autant que je veux, je peux dire non si je veux].

    Si j'ai bien compris, il s'agit d'embrasser la situation avec cœur, toute croyance néfaste pour la personne peut provoquer des tensions, des douleurs, voire des fractures?

    Les croyances ont leur origine dans la tête, le mental, la manière de penser. Leur effet négatif se manifeste ensuite au niveau émotionnel, mal être, frustration, inconfort. Finalement, ces signaux n'ayant servi à rien, c'est dans le physique qu'un problème surgit. Là, il est vraiment temps de comprendre, de conscientiser.


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